Un jour on a demandé à des observateurs d’une oeuvre peinte ce qu’ils en pensaient….Dans des tons de vue aérienne, avec taches et filés de couleurs l’oeuvre se prêtait aux interprétations. Qu’en penser ? L’un des observateurs, questionné, livra cette opinion : » On dirait une vue aérienne, ça ressemble à Boulogne. Ici on voit la mer, ah oui, le port, et… là… oui la Liane … » Un temps de réflexion et » Tout y est, mais rien n’est à sa place « .
C’est pareil pour Annie millionnaire
Questionné, notre compositeur Frédéric Bara a livré son secret. » J’avais vu le film en ciné club et l’histoire m’avait plu « . « J’en avais gardé un souvenir fort ». Il évoque cete soirée d’été de 1995, cheminant dans les rues de Versailles, encore ébloui par l’histoire. Elle propose, dans le style New Yorkais, une fable basée sur l’entraide des petites gens. Ca ne va pas sans rudesse, mais Annie aura sa fête pour l’amour de sa fille.
Et un jour, il y eut une proposition de réaliser un spectacle à Faches Thumesnil. Alors la belle histoire lui trottant dans la tête, il entreprit la composition de la musique et de l’intrigue ».
Il aurait voulu se baser sur la relecture du film. Il a tenté de retrouver ce film, en vain. Les copies n’existaient pas à cette époque. On est à la charnière des années 90-2000.
Un souvenir tenace
C’est donc tout naturellement, que l’histoire » Lady for a day » « lui tournant dans la tête », Frédéric reprit ses souvenirs et reconstitua l’atmosphère du film. Tant mieux ! On a affaire à une relecture de l’histoire, avec des situations nouvelles, On a le fil, plus ou moins, mais pas la même couleur de la laine !
Les personnages il les réinventa selon son fil De l’oeuvre de Capra. Oui, tout y est, mais rien n’est à sa place. Et c’est une chance. Car sur le canevas, Annie, et tous les personnages qui l’entourent, Paolo, sa fille Louise, le comte Romero, tous les comparsese, reprennent une autre vie. Ils ont pris une autre densité. Les personnages de Frédéric Bara font joliment progresser l’intrigue jusqu’à sa réussite finale.
Une musique attachante
C’est une composition tout à fait originale. Elle s’exprime en vingt chants, Elle se partage entre choeurs, maîtrise, et une belle part est offerte aux deux rôles chantés. Celui d’Annie (Marie-Catherine Honvault), mezzo soprano ; celui de Paolo, (Grégory Duncan), baryton. Annie et Paolo sont à l’aise dans leur rôle chanté. Et les choeurs alors…
Au 3e acte, apparaissent, (après un long voyage transatantique) Louise (Charlotte Milochevich), soprano ; Le comte Romero (Marc Schneider), ténor.
Pour Louise, dommage qu’elle n’apparaisse qu’au dernier acte ! Même réflexion pour le comte Romero…
Voici une musique qui est attachante et qui puise ses sources dans des genres musicaux divers, valse ou jota aragonaise, polonaise, dansante, triste, . Elle précède souligne ou confirme les situations.
Et les acteurs ?
Il y a de nombreux rôles parlés. Ils apportent leur couleur et les interprètes ont des « rôles de composition ». Camper une demi-mondaine c’est aller à contre courant. D’autre rôles sont plus faciles et un simple glissement permet d’en imposer. N’est-ce pas Olivier, qui devient Hardy, le lieutenant de police… ? Un autre Olivier sera à l’aise sous son chapeau et son imper impersonnel !
Ca balance pas mal à Boulogne !
En photo, le trio réuni à la fin de la répétition des choeurs et orchestre, du jeudi 4 novembre au soir, au conservatoire de Boulogne. On y retrouve Grégory, Frédéric et Marie Catherine.
