Du plqt aux lointans bleutes
Nous quittons la Plata
Longue traversée de la ville depuis la gare routière. Encore la traversée de Bs As. On longe des centaines d’hectares de containers. Puis on passe auprès des bassins désaffectés, ou demeure pour longtemps encore le « Sarmiento ». La course du bus nous montre des gratte ciels déjà hauts couronnés d’échafaudages. Leur ambition est d’aller encore plus haut. Le quartier est immense, en étendue et en hauteur. La course continue et la longue traversée de Bs As semble ne pas prendre fin. Nous filons vers le Nord Ouest. Nous nous arrêterons à San Nicolas.
La campagne déjà nous montre sa monotonie ! C’est plat. La route est droite. Le chauffeur imperturbable semble ne s’émouvoir de rien.
Eduardo et Marta Montangie
La gare routière de San Nicolas, nous la connaissons. Nous nous y sommes arrêtés il y a deux ans lors de la tournée de l’orchestre. Mais cette fois nous reconnaissons Eduardo qui nous accueille.
Eduardo, c’est Montangie, Il fut l’un des conservateurs de la « Casa » San Martin de Boulogne. Il y fut de 2001 à 2003. Il a démissionné de l’Armée et a pris sa retraite dans une petite ville des environs de San Nicolas.
Sa maison est un musée de Boulogne et il confiera : « Boulogne me manque ! ». Ah si seulement un changement dans l’affectation des conservateurs intervenait, il serait, avec Marta, son épouse, le premier a prendre l’avion ! Chez lui, on s’arrête devant ses murs et ses étagères, tout rappelle Boulogne. Jusqu’à l’assiette que nous avions éditée et qui reprend tous les noms des musiciens qui animaient l’orchestre à cette époque. Des noms restés fidèles, et d’autres que la vie, la carrière a appelés ailleurs. Quel bel accueil.
La retraite ? Eduardo ne semble pas la connaître. Il est élu municipal. Et de quoi a-t’il la charge ? Mais de la sécurité ! Que fait(il quand il a le temps ? Mais il va à la pêche car le fleuve Parana est tout proche, large comme une mer intérieure (il fait cinq kilomètres), il autorise toutes les pêches.
Et il préside le cercle historique San Martin… San Nicolas s’honore de compter parmi ses illustres visiteurs le général alors en campagne. « Je suis le Luc Tassart de San Nicolas »…
Un tour en ville de San Nicolas
Avec Eduardo nous ferons la visite de la ville, et par l’extérieur, du complexe sidérurgique énorme de Ramallo qui occupe (je le mets en lettres) quatorze mille employés, dans toutes les spécialités. Une coulée toutes les vingt minutes. La place ne manque pas et l’usine a l’air toute petite dans cette immensité! ! ! Quant au Parana, ses fonds de 36 pieds permettent l’accès aux bateaux de haute mer jusqu’aux quais minéraliers.
La ville est marquée par l’extension démographique due surtout à l’usine. L’urbanisme est comme partout, soumis aux inspirations souvent contradictoires des investisseurs. Et tout est distribuée au hasard : : tours, maisons historiques, maisons anciennes, récentes, constituent un patchwork où se côtoient tous les styles. Mais le plus fort reste à venir. Nous sommes devant la cathédrale San Nicolas, et là, Et là, mais alors là…
San Nicolas agressé
La cathédrale est classique : Un porche surmonté d’un frnton triangulaire, lui-même entre deux tours. Rien d’anormal. Sauf que tout contre, mais vraiment contre la tour à droite s’élève une tour. Pas même un centimètre entre la tour de l’église et la tour d’habitation. Et l’objet, en totale contradiction avec l’architecture sacrée, monte, monte, dans son parement de brique, rouge contre la blancheur de l’édifice qu’il côtoie sans honte. Qui a bien pu faire « ça ». On se met à imaginer ce qu’est une loi d’urbanisme…
La basilique
Elle est bâtie sur une éminence qui surplombe la ville et le Parana. La vue s’étend au loin. De construction récente, elle est actuellement un lieu de pèlerinage, et notre ami chargé de la sécurité attend deux cent mille personnes. Elle abrite une source sacrée. Elle est un lieu de dévotion très fréquenté. Prévue sur un plan classique en forme de croix, elle est pour l’instant d’apparence cubique, surmontée d’un dôme magnifique.
Promenade
La promenade le long du Parana reste un moment extraordinaire. Eduardo nous fait remarquer que la langue de terre en face, quoique déjà lointaine, est en fait une île. Que la rive est bien plus loin. Au loin on voit s’élever des colonnes de fumée. Ce sont les brûlis. Les agriculteurs pensent que le brûlage de la paille apporte la fertilité aux terres. L’horizon est strié de colonnes noires qui se dissipent dans une brume lointaine grisâtre poussée par le vent. Tout le fond du paysage est lourd de cette couleur
Nous irons au restaurant à côté. Au menu empanadas de poisson et un énorme poisson de rivière grillé qui rassasiera les six convives. Nous sommes dans une sorte de guinguette pas loin du fleuve. Le rendez-vous des touristes. Nous sommes encore en morte saison, mis ils vont venir pendant l’hiver, si chaud ici, n’oublions pas que nous sommes au Sud de l’Equateur.
La route de nuit
Pas de couchette, que des « Semi cama », les reservations etaient completes .. La nuit sera inconfortable. Heureusement le car n’est pas à sa capacité maximum, des banquettes sont libres et deux sièges et une astucieuse disposition du corps permettent le repos. Ronronnement monotone du moteur, très peu présent, léger balancement du car. Manœuvres exécutées en souplesse. Les chauffeurs sont des as. Partis à 19 h 40, nous connaîtrons une route toute droite, taillant à travers la campagne plate. Toujours plate. Bosquets, herbes, la vue va au loin (lorsqu’il fait jour). Comme dit un proverbe du Montana… (bien plus au Nord) « Tu peux laisser aller ton chien pendant trois jours, tu le verras toujours ». Pourtant le paysage change et l’horizon n’est plus ce qu’il était : Une barre bleue s’impose de plus en plus. On aperçoit les premiers contreforts des Andes. Tucuman est au terminus au matin, Il est 8 h 20 et Juan-Carlos et Nora nous attendent.
Eux aussi furent les conservateurs du musée San Martin. Et Juan Carlos, violoniste, a composé pour nous. Nous jouons souvent ses œuvres.
Nous sommes dimanche 14. Journée calme ensoleillée, elle nous réservera des moments de redécouverte de la ville.
A SUIVRE .
