Récapituler deux jours de voyage. Des découvertes ! Les nouvelles que je donne seront dans le désordre ! pas de chronologie dans ce récit. Les trois frontières
L’agence de voyage que nous avons consultée et élue pour notre découverte des chutes d’Iguazü, nous avait dit incidemment : « allez jusqu’au bout de la ville (de Puerto Iguazu), vous êtes au plus près des trois frontières ;.. En fait la géographie politique étant ce qu’elle est, trois pays ont fait passer leurs limites à un point précis. Aller voir ça. Un but de promenade, pourquoi pas ? Agnès et moi, nous prenons le bus, le reste de l’équipe part à pieds. Il est au delà de 19 h 00 et la nuit est tomée d’un seul coup. Le bus est à destination et on nous indique qu’il faut encore marcher jusqu’au bout d’un parc… Le paysage urbain de ce lieu est peu engageant. Déjà il pleut. Lumières parcimonieuses, parc pas éclairé… Un coupe gorge ? en tout cas pas de confiance ! Et nous sommes séparés du reste de l’équipe. Nous prenons le parti de suivre une avenue en conformité avec un plan de retrait jusqu’en centre ville. Miracle, nous rencontrons nos amis qui venaient à pieds comme prévu. Nous repartons en ville en deux taxis fort opportunément garés devant nous sept !
Un soir au Canista
Nous avions entendu parler d’un restaurant au long d’un boulevard, « le Canista » (prononcer Cagnista ». On y déguste d’excellents vins, – on n’a pas tout testé – des bières aussi. On y déguste aussi de l’excellente viande. Demandez un « lomo », c’est du filet de bœuf, divinement cuit au gril. Et tendre ! Il s’ouvre rien qu’en voyant le couteau.
Et dans un angle deux artistes, dont Miguel-Angel Gonzalez. Ils savent tout faire . Chanter, et aussi jouer de la harpe, de l’accordéon, de la guitare, et accessoirement battre la mesure avec un tambour.
Miguel-Angel a vendu un disque (assez cher…) Mais on y retrouvera ce qu’il a de meilleur dans le genre de la variété. Sous le titre « Baion de Madrid » il a enregistré des tangos, dans ce qu’il a de meilleur.
Nous quittons l’endroit a regrets, car cette soirée de vendredi précède un départ aux chutes, dès 7 h 30. Bernard nous indique la voie et nous précède même et un quelques minutes, nous rejoignons l’hôtel. Nous nous croyions à deslieues, et si vite rentrés, nous appréciâmes !
La ville de l’Est
Elle se situe en Paraguay. Puisque les trois frontières se rejoignent sur un mouchoir de poche, nous franchissons la frontière brésilienne, (passeports). Un pont sépare les deux pays. Une curieuse observation d’abord. Ah oui, le tablier en béton du pont est peint en bleu-blanc-bleu, et soudain, dès la ligne franchie, il est aux couleurs nationales vert, jaune.
Nous sommes pris dans des embouteillages en progressant vers le Parguay. Longues attentes et petits tours de roue. L’attente dans les gaz des centaines de voitures. Le vent n’y fait rien, ni le froid qui nous pénètre. De nombreuses personnes marchent vers le Paraguay et franchissent un autre pont. D’un côté, ces gens passent à vide. Sur l’autre coté autant de personnes qui rentrent les bras chargés de paquets.
Le paradis pas gai du Paraguay
Nous y sommes au Paraguay, dans le ville de l’Est, nouveau nom d’une ville autrefois noimmée à la gloire de son dictateur – Stroesser… – Notre chauffeur nous laisse près d’une passerelle, endroit remarquable pour le retrouver dans trois quarts d’heure.
Nous progressons sous le pluie. Nous cheminons entre des flaques et des petits torrents d’eau rouge de la terre qu’elle arrache aux talus. Tout est rouge, les bus, les autos, et ai-je bien regardé ? les bas de pantalons ! ! ! Dans ces hectares de constructions et d’avenues le commerce s’exprime libéralement avec acharnement. Parce que nous avons un peu d’expérience, ce grouillement commercial évoque l’Inde – pour les marchands ambulants, la Chine, pour les échoppes. D’autres comparaisons sont sans doute valables. Tout se vend, depuis l’électronique la plus fine jusqu’a la babiole fabriquée par le vendeur. Peu de fabrications locales, tout apparaît avoir été importé !
La pluie
Après avoir profité d’une météo favorable. Les sorties à La Plata, Buenos Aires, les promenades jusque Quilmes, et la route de nuit jusque Puerto Iguazu, voici que ce samedi la pluie est tombée en abondance. Il ne faut pas penser que la pluie pourrait arrêter la foule. Elle est toujours aussi dense. Simplement elle ruse avec elle et évite les flaques qui se forment, les petites torrents dans ou à travers les rues… et aussi aux « Iguazus » qui tombent des gouttières, des toits, des bâches du marché permanent. Des cataractes qui fatiguent ou n’énervent que les touristes qui, s’ils connaissent la pluie en ignorent les effets remarqués plus haut, sûrs que dans leur pays les mesures prises sont tellement plus efficaces. Affirmations vite contredites car l’eau…c’est comma ça, cherche son chemin et le trouve toujours sous nos pieds !
La pluie s’est installée à la Cité de l’Est, a continué durant la trajet du retour, a duré encore pendant la visite des chutes, comme s’il fallait voler au secours de la victoire et ajouter encore un peu plus d’eau aux chutes, déjà si spectaculaires.
Le barrage d’Itaipu
Situé à quelques kilomètres des célèbres chutes, ce barrage a de quoi étonner pas sa masse et sa longueur. Ancrée sur un socle rocheux, la voûte supporte la poussée des 190 mètres d’eau qu’elle impose au lac de retenue. Il ne faut pas croire qu’un barrage est un objet plein. En fait il est plein de galeries : pour les turbines, pour leur entretien, pour les conduites forcées. Il ne « chassait » pas, le niveau est un peu inférieur au plein. Un panneau explicatif donne les chiffres clé : le barrage fournit 25% de l’énergie du Paraguay, et davantage au Brésil.
Les chutes
Il y a deux manières de rencontrer les chutes. Soit par le Brésil, soit par l’Argentine.
Depuis la ville de Puerto Iguazu, prendre un van à 16 places et le partager avec d’autres touristes. Se rendre au Brésil. Le temps de déplacement est relativement long, attente à la frontière (le chauffeur fait la démarche). On met autant de temps en Argentine, car la route est plus longue.
Marcher et conquérir
Autant au Brésil il pleuvait, c’était samedi, autant le dimanche fut radieux et clair, ensoleillé. Les clichés de samedi peuvent paraître pour le « Noir et Blanc », par contre le dimanche nous avons eu de très beaux arcs-en-ciel.
On arrive. Hall d’accueil, prise des billets, et on entre dans le parc national du Brésil. Nous marcherons quelques centaines de mètres et déjà le bruit des chutes se fait entendre. Comme un bruit de mer sans battement.
En Argentine, on prend au départ un bus régulier à la cadence d’une demi-heure. On met 45 minutes pour attendre l’accueil du parc. Et on entre avec un billet pris au préalable. Dans le parc on se rend à la gare. Un petit train à la voie étroite nous conduit à un point de départ des ponts sur les lacs intermédiaires avant les chutes.
Ainsi découverte sans attente du côté brésilien, longue et lente progression avant les chutes du côté argentin. Au Brésil le plaisir déjà à notre portée, En Argentine, une lente progression pleine de promesses. En tendant l’oreille on perçoit faiblement les chutes.
Une promenade au Brésil nous entraîne à flanc de montagne vers les chutes qui se présentent de face.
Une promenade en Argentine nous fait survoler les nombreux petits cours d’eau qui vont à leur saut. On y croise un cormoran qui fait sécher ses ailes au soleil revenu. Une tortue reprend des calories sur un rocher… La vie est autour de nous. Et l’eau commence à frémir, attirée par le vide.
Nous voyons de face les grands sauts et nous arrivons, au Brésil toujours, devant la bouche du diable. Spectaculaire.
Argentine : nous sommes un peu au dessus du niveau des chutes. Nous voyons l’eau se précipiter sans retenue vers le fond de la faille. Une quinzaine de minutes de marche plus tard et nous sommes à la « bouche ». Nous lui faisons face. Elle absorbe les milliers de mètres cube qui passent. Nous sommes au plus près.
Au Brésil nous sommes aussi au plus près de la bouche. Mais au dessous, à la hauteur de la première retenue d’eau avant la seconde chute.
Impressions
Mêmes impressions à un jour d’intervalle. Magnificence du spectacle, impression de puissance, bruit étourdissant d’une seule note.
Il faut reconnaître aux maçons qui un jour se sont aventurés au dessus de l’eau, une dose certaine de professionnalisme, et aussi d’élan créateur. Installer des plots de soutènement en face du vide et en pleine eau, c’est un tour de force qu’il faut saluer !
Une belle organisation est mise en place tout au long des deux visites. Bus pour les transports, à pieds ensuite dans les chemins surplombant l’eau ou bétonnés à flanc de montagne. Petit train argentin. Et notre équipe s’étant séparée en deux, d’autres aventuriers ont pris le parcours en bateau. Ce fut pour eux un autre souvenir, aussi intense, plus rare, pour découvrir la nature plus intimement.
Le commerce ne perd pas ses droits et inonde le parc en Argentine. Pas d’ambulants au Brésil. Néanmoins, un centre commercial dans chaque pays met à disposition un énorme choix d’articles.
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