San Nicolas est une belle ville moyenne, de 250 000 habitants, elle est au bord du Parana qui vient lécher les terres basses de la ville. Radieux
Nous allons vivre sous le signe du soleil. Radieux. De plus c’est le jour de l’amitié. Quoi de plus naturel que de se réunir au chaud, autour d’une table, au restaurant El Poete, déguster un vino viejo et savourer un lomo. Cuisson parfaite, viande qui fond sous le couteau et tellement douce au palais. On se retrouve presque tous sur cette grand place et par tablées différentes nous vivons au même tempo.
C’est là que nous apercevons Guillaume, Elisa et Andrej. Ils viennent de nous rejoindre. Deux violonistes, une choriste. Ils viennent de poser leurs valises, juste quelques courtes heures auparavant, venant de Paris.
Si l’amitié n’est pas là, alors où se cache t’elle ?
REPETITION
Il est 11 h 00, et c’est la répétition par pupitres.Amusant de parcourir l’hôtel et d’entendre ici Lalo, là Carmen, plus loin Delerue. Violons par-ci, bois par là. Un moment extraordinaire.Poétique ? peut être bien (lire plus loin) !
Il est 17 h 00, c’est l’heure fixée pour la répétition avant le concert. Nous allons disposer du théâtre. Comme celui d’autres villes, il est spacieux et offre une belle scène. Nous serons en valeur. Et le prix d’entrée demandé, 10 PS (Pesos argentins) – au change 2 € – apparaît comme accessible.
Ce soir à 20 h 30 ce sera le concert.
ET LES PERCUSSIONS ?
San Nicolas est une belle ville moyenne, de 250 000 habitants, elle est au bord du Parana qui vient lécher les terres basses de la ville, les clubs nautiques, les terrains de jeux, les petits stades de foot. Toute une population se détend utilise les agrès, court, pour certains, et se délasse.
Les percussions, Ah oui, j’y viens. Nous découvrons que nous n’avons ni timbales ni grosse caisse. Frédéric se décarcasse toute la matinée pour sortir de l’impasse. Rien. L’école de musique est fermée pour les vacances, le théâtre en est démuni, dans les magasins spécialisés dans la musique, les instruments sont rares… et ceux que nous cherchons encore plus exceptionnels. Nous n’aurons pas ces instruments. Alors pense Frédéric, puisque nous n‘aurons pas le son, ayons au moins le bruit. Dans un magasin spécialisé dans les instruments jazz, il désigne une caisse claie et quelques autres percussions.
Va-t-il les avoir comme ça ? C’est compliqué. Le vendeur ne loue pas. Mais… mais oui, mais c’est bien sûr ! Le contrat qui se conclut est le suivant : Opal Sinfonietta achète le matériel… l’utilise, et le revend dés le lendemain au vendeur moins une décote de 15%. Affaire conclue.
LA VEILLE
Nous n’aurons attendu qu’une heure à la « aduana » contre 2 h 43 l’avant-veille. Malgré tout, nous arrivons relativement tard. Mais Eduardo est là pour nous accueillir. Eduardo est l’ancien conservateur du musée San Martin de Boulogne, (2003-2004). Il en a gardé un souvenir très grand et très vif. Sa maison, je l’ai noté il y a deux ans, est pratiquement un musée de Bologne. Dans quelques heures, j’y ajouterai quelques souvenirs supplémentaires.
Le temps était maussade, il charriait la queue d’une perturbation atmosphérique qui a beaucoup affecté Montevideo. Comme je l’ai remarqué sur la feuille du 18, il y avait de l’optimisme dans l’air que nous respirions. C’est fait, maintenant nous vivons au soleil et plus d’un a renoncé au pull.
